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Comment ne plus jamais être pris pour un pigeon

Cher lecteur,

J’ai toujours aimé les 1er janvier.
En principe, les gens se remettent difficilement de la soirée de la veille.
Tout est arrêté. Le monde est en mode « pause » pour quelques heures.

J’en profite toujours pour m’isoler et sereinement
– faire le bilan de l’année écoulée
– poser définitivement sur le papier mes objectifs pour l’année à venir.

 

Une de mes meilleures résolutions

Si je vous explique cela, c’est parce qu’un des plus grands pas en avant dans ma vie a été fait un 1er janvier.

Nous sommes tous confrontés à des choses à faire. Et parfois nous n’avons pas envie de les faire. Mais dire « non » est parfois difficile. Alors nous les faisons quand même.

Un jour, je demandais un service à un voisin, il acceptait, et je terminais très sincèrement en lui disant « mais vraiment, si vous ne pouvez pas ou ne préférez pas, il n’y a aucun souci, je comprendrais, ce n’est pas grave ».

Sa réponse m’a frappé comme un coup de poing en plein visage.
Il m’a dit « ne vous inquiétez pas, quand je n’ai pas envie de faire quelque chose, je ne le fais pas ».

J’étais sous le choc. Cette phrase était tellement simple. Tellement claire et limpide. Pourtant, je ne l’appliquais pas. Personne ne l’appliquait.

La différence entre un ordre et une demande

1 / les ordres

J’ai constaté la chose suivante. Il y a d’abord les ordres. Ce sont des choses, que nous n’avons pas forcément envie de faire, mais que nous devons quand même faire.
Par exemple, lorsqu’un policier vous demande de vous ranger sur le bas-côté de la route. Nous n’avons pas envie de le faire, mais nous le faisons quand même.
Ou quand votre patron vous demande de faire quelque chose.
Nous le faisons car nous avons passé un contrat.

Dans le cas de la police, nous acceptons de respecter les lois car en échange nous avons l’assurance que les autres aussi vont les respecter, et que ceux qui ne les respectent pas seront punis. C’est un contrat social, et si on ne le respecte pas, on va en prison.

Dans le cas du patron, nous avons signé un contrat de travail. Nous acceptons d’obéir aux ordres car nous recevons une rémunération pour cela. Si on ne respecte pas le contrat, on est licencié.

Je vous encourage bien sûr à respecter ces ordres légitimes.

2 / les demandes

Les demandes ne sont pas des ordres.
Et la différence est que nous pouvons refuser une demande.

Si un ami vous demande si vous pouvez l’aider pour son déménagement, il s’agit d’une demande.
Vous pouvez dire oui.
Vous pouvez dire non.

Si une personne formule une demande, mais qu’elle ne tolère pas le refus, c’est qu’elle ne formulait pas une demande.
Elle formulait… un ordre.

A vous de voir si cette personne a une légitimité pour vous ordonner quelque chose.
Si un ami vous demande si vous pouvez l’aider pour son déménagement le week-end prochain, à suer à transporter des boites en carton et des meubles, par une chaleur écrasante, alors que vous avez eu une dure semaine et que vous pourriez faire mille autres choses.
Et qu’il ne tolère pas le refus.
Cela signifie que cet ami vous ordonnait de venir.

De quel droit ?
Est-il vraiment votre ami ?

 

Ma résolution du 1er janvier suivant…

…a donc été de ne plus jamais faire quelque chose que je n’avais pas envie de faire, lorsque je n’étais pas obligé de le faire.

J’ai découvert une nouvelle vie.

Une vie dans laquelle bien peu de personnes pouvaient me donner des ordres.
Et je me suis débarrassé automatiquement et sans efforts des personnes qui pensaient pouvoir me donner des ordres.

Je vous assure que l’on se sent plus léger.

 

Comment refuser sans blesser.

C’est en réalité assez simple.

Pour commencer, il ne faut jamais se justifier. Vous n’avez pas à vous justifier.
Vous déclinez poliment, en regardant la personne calmement bien en face.

Toutefois, si vous tenez spécialement à être bienveillant vis à vis de la personne, il suffit, juste après votre refus, de faire une contre-proposition.

Par exemple :
– Demande : samedi après-midi midi je vends mes vieilles affaires sur une brocante. Est-ce que ça te tenterait de venir m’aider ?
– Réponse : non, en revanche veux-tu passer dîner à la maison samedi soir ? Tu auras besoin de repos et d’un bon repas après une telle journée.

Si une personne vous demande de vous justifier. Ne le faites pas. Vous n’avez pas à vous justifier.

Mais appliquez le pour vous aussi.

Mettez les autres à l’aise lorsque vous leur demandez quelque chose. Ils sont libres de refuser.
Vous ne pouvez pas exiger de quiconque qu’il vienne sacrifier un week-end pour vous aider à déménager. Vous pouvez demander de l’aide, mais si certains refusent, ne leur en voulez pas. C’est leur droit.
Si personne ne vient, débrouillez-vous puis invitez les tous à dîner.

A l’inverse, choisissez soigneusement les personnes à qui vous demandez un service. Car un service se rend.

Je rends volontiers service lorsque je le peux. Car aider et donner sont les choses qui rendent véritablement heureux.
Guillaume
Objectif Libre et Indépendant

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8 Commentaires sur "Comment ne plus jamais être pris pour un pigeon"

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